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Interview avec Waccha

Présent à Japan Expo depuis 2014, Waccha n’est pas un artiste que l’on catégorise facilement. Entre voice percussion, arts martiaux et lyrisme japonais, il a forgé un style unique, né d’une enfance partagée entre le kendo et la passion du chant. À l’occasion de sa dernière collaboration avec Airly Momoco à l’Avalon de Paris le 13 juillet, il a accepté de revenir avec nous sur son parcours, sa vision artistique et son lien particulier avec le public français.

Bonjour Waccha ! Merci infiniment d’avoir accepté cette interview. Pour commencer, pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre parcours jusqu’à votre entrée dans le monde du beatbox ?

En réalité, ce que je pratique n’est pas du beatbox, mais plus précisément ce qu’on appelle la « voice percussion » (un terme créé au Japon, en anglais « franponais » — le vrai terme anglais serait « Vocal Percussion« ). C’est une discipline née de l’a capella, dont le but est de tenir le rôle de la batterie ou des percussions avec la voix. (Ces deux disciplines se ressemblent beaucoup — « rythmer avec la bouche » — donc j’ai longtemps utilisé le terme « beatbox », plus connu du grand public. Mais comme l’impression musicale diffère, je prévois de changer cette appellation à l’avenir.) J’aimais chanter, et vers 20 ans j’ai commencé l’a capella, très populaire au Japon à l’époque. En parallèle, j’ai aussi commencé la voice percussion, qui était elle aussi en vogue — et comme j’y progressais plus vite, j’ai fini par m’y consacrer davantage.

Le mélange de beatbox, de lyrisme japonais et d’expression martiale est très particulier. Comment cette combinaison unique est-elle née ?

À 5 ans, mes parents m’ont inscrit au kendo, pensant que cela m’aiderait, moi qui étais un enfant sensible. À l’époque, le monde des arts martiaux était rigoureux et difficile mentalement, mais cela a forgé mon esprit — j’y ai appris les bases du sabre pendant 7 ans durant mon enfance. Cet environnement m’a aussi fait aimer la culture traditionnelle japonaise : les combats chorégraphiés (tate), l’odeur des tatamis, les kimonos, les armures.

Mais je préférais l’art au sport — depuis petit, dessiner et chanter étaient mes passe temps. Je n’étais pourtant pas aussi doué que mes camarades en dessin ou en chant choral, ce qui m’a découragé. Puis à l’université, j’ai commencé l’a capella, puis la voice percussion. Mon talent y a été reconnu, j’ai intégré un cercle universitaire de haut niveau, rencontré des camarades au talent vocal impressionnant, et nous avons obtenu des résultats dans le plus grand concours d’a capella du Japon.

Pour développer davantage le potentiel musical de la voice percussion et mon propre talent artistique, j’ai quitté l’a capella pour devenir artiste solo et poursuivre ma propre expression. En m’appuyant sur mon intérêt d’enfance pour la culture japonaise et le sens du rythme que je possède en tant que Japonais, j’ai créé une voice percussion inspirée du wadaiko (tambour japonais), tout en exploitant mes compétences au sabre pour apprendre le tate (combat chorégraphié) et l’action — combinant le tout pour en faire un art de la scène complet.

À l’origine, contrairement au beatbox, la voice percussion n’est pas faite pour qu’une seule personne contrôle de nombreux sons en solo — elle sert plutôt de soutien musical, comme la batterie ou les percussions. C’est pourquoi j’ai pensé que la meilleure formule pour mon expression était de combiner : la voice percussion en soutien musical à l’arrière plan, et l’expression martiale devant, comme une danse, en performance principale.

Sur scène, vous utilisez une loop station pour créer vos morceaux en direct. Comment cet outil transforme-t-il votre performance ?

La voice percussion seule ne permet qu’un nombre limité de sons simultanés. Grâce à l’étendue de ma tessiture et mon expérience en a capella, je peux produire toutes les parties d’un ensemble a capella, mais pas en même temps, seul. La loop station me permet de créer un ensemble sur scène, à moi seul. De plus, une fois la boucle en place, je peux m’en servir comme fond musical (BGM) et me consacrer librement à l’expression martiale — ce qui multiplie considérablement ce qu’une seule personne peut accomplir sur scène. Grâce à cela, je peux jouer de nombreux morceaux en live rien qu’avec ma voix, rendant même possible un concert solo d’une heure.

Vous vous produisez à Japan Expo depuis 2014. Que représentent cet événement et le public français pour vous ?

Japan Expo 2014 a été ma toute première occasion de voyager à l’étranger. Mon expression est atypique, mélangeant plusieurs contenus différents — ce qui signifie qu’elle n’est pas spécialisée dans un seul domaine, et donc peu reconnue dans les concours spécifiques à chaque genre. Mais le fait que ce style de « représentation du Japon » ait été reconnu par Japan Expo m’a permis, pour la première fois, de me produire sur un événement mondial d’envergure.

Au début, je me produisais aux côtés de calligraphes et d’autres artistes de traditions japonaises, mais après des années d’efforts, j’ai été reconnu pour me produire seul sur une grande scène, et je reçois désormais une invitation chaque année en solo. C’est un immense honneur, et cela m’a permis de croire en mon propre potentiel.

Le public français réagit de multiples façons — surpris, amusé — et des fans fidèles viennent me voir et me soutenir chaque année. En parallèle, au fil du temps, le public s’est aussi habitué à la voice percussion et à l’expression martiale. C’est très excitant, et cela me motive à me dépasser chaque jour pour créer un spectacle toujours plus abouti. C’est cet événement, et le public français, qui me donnent la confiance et les défis nécessaires pour continuer à me produire à l’étranger.

Comment s’est passée votre collaboration avec Airly Momoco le 13 juillet à l’Avalon, à Paris ?

Je l’ai rencontrée il y a environ 10 ans. Elle est très gentille et on s’entend bien en tant qu’amis. Le fait qu’elle continue de vivre en France et de relever des défis à l’étranger force mon respect. Nos univers musicaux et nos styles artistiques sont très différents, donc nous ne collaborons pas souvent habituellement — mais c’est toujours un vrai plaisir de collaborer sur des chants traditionnels japonais (min’yō) en tant que Japonais, de temps en temps.

Avez-vous déjà des projets ou sorties à venir dont vous pouvez nous parler ?

Pour l’instant, je prévois de continuer mes concerts réguliers au Japon. Côté sorties, j’ai récemment publié « 幻想の地 (Earth of Fantasy) ». Je n’avais pas beaucoup sorti de titres jusqu’ici, mais je prévois désormais des sorties régulières sur les plateformes de streaming. Suivez mes réseaux principaux (Instagram, X) et mon site officiel pour les dernières nouvelles !

Un dernier mot pour les fans français qui vous découvrent à travers cette interview ?

Merci pour votre soutien constant ! Comme vous le savez, je cherche à créer un art de la scène unique en combinant des techniques et outils de différents domaines. Cette expression et ce personnage sont très particuliers et de niche, donc pas vraiment populaires. C’est pourquoi j’ai besoin du soutien de tous ceux qui s’intéressent, même un peu, à Waccha et à cette forme d’expression. Faites entendre votre voix et partagez là autour de vous ! Merci pour votre soutien continu, et à très bientôt !

Pour ne rien manquer de l’univers de Waccha, retrouvez le sur YouTube et sur les réseaux sociaux, ainsi que sur son site officiel waccha10.com, où il partage régulièrement l’actualité de ses sorties et de ses performances. Merci infiniment pour sa confiance !

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